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Par Aristophane Ngargoune
Assistant Communications Officer
• HCR N’Djaména
Goré, 14 août 2026 – « Ces réfugiés sont nos frères. Nous partagions déjà les mêmes traditions. Je crois que leur présence dans notre village va booster notre économie locale » confie Silas, tout souriant un jeune Tchadien la trentaine, présent à l’arrivée des réfugiés centrafricains fin juin 2026 dans son village de Betembo, dans le canton de Donia après leur installation volontaire dans le cadre d’une initiative visant à favoriser leur autonomie et leur inclusion au sein des communautés hôtes. Les nouveaux arrivants ont été accueillis dans une ferveur suivant la tradition d’hospitalité profondément ancrées au Sud du Tchad, marquée par des salutations, l’ouverture et la disponibilité, le partage de nourriture et de boissons, l’assistance spontanée.
L’installation volontaire des réfugiés centrafricains dans le canton de Donia, dans la province du Logone Oriental, s’inscrit dans le cadre du Projet d’Alternative aux Camps et de Résilience Agricole au Sud du Tchad (PACRAS) financé par l’Union européenne et lancé à Donia le 17 février 2026.
Le projet vise à accompagner les réfugiés et les communautés hôtes vers une plus grande autonomie et une meilleure inclusion économique et des solutions moins dépendantes de l’aide humanitaire. Un premier groupe de 110 familles réfugiées a volontairement quitté les sites aménagés de Goré (Amboko, Gondje, Doholo et Dosseye) après avoir reçu du cash pour leur transport, pour aller s’installer dans les villages de Betembo et Doborote les 29 et 30 juin 2026.
Dimanche Salomon, réfugié, venu du site aménage de Dossey (où il y était établi depuis 2007) et installé volontairement dans le village Betembo se réjouit de sa nouvelle vie hors du camp. « Nous serons respectueux des principes locaux. Ensemble, Tchadiens et réfugiés, nous travailleront pour cultiver les terres, accroître la production agricole et commercialiser les récoltes sur le marché local » confit-il.
Pour accompagner cette dynamique, l’ONG Initiative Humanitaire pour le Développement Local (IHDL) partenaire du HCR, a organisé durant la dernière semaine de juin la distribution de matériels agricoles à la population autochtone de Donia. Cette distribution s’était aussi étendue aux réfugiés aussitôt installés dans les villages d’accueils.
Des unités de culture attelée, des charrues et des jougs ont été remis aux producteurs locaux et réfugiés afin de renforcer leurs capacités de production, améliorer les techniques culturales et accroître les rendements agricoles dans les zones concernées par le projet.
À l’issue de cette dotation, le chef de canton de Donia, sa majesté Takoral Rodrigue a réaffirmé sa satisfaction pour ce projet qui contribue aussi à promouvoir une agriculture plus productive et à favoriser l’autonomisation économique des deux communautés. « Nous avions toujours accueilli des réfugiés à Donia. La cohabitation pacifique et le vivre ensemble dans le respect réciproque seront des atouts pour ce projet qui sera très bénéfique pour le canton Donia » témoigne-t-il.
En soutenant la génération de revenus et les activités économiques partagées, le projet contribuera au dynamisme de l’économie locale et à la promotion d’une coexistence pacifique.
Ces deux activités ont vu une forte présence des autorités administratives et traditionnelles, des partenaires du projet ainsi que des réfugiés et la communauté hôte.
Au-delà du soutien aux activités agricoles, PACRAS permettra de renforcer les services publics essentiels dans les cinq villages qui accueilleront les réfugiés. Les centres de santé, les écoles, les systèmes d’approvisionnement en eau et les infrastructures d’assainissement bénéficieront d’un appui afin de répondre aux besoins d’une population élargie.

